Un propriétaire exproprié s'est vu proposer une indemnisation de 69 145 €. Le juge de l'expropriation de l'Hérault a porté cette indemnité à 97 000 €, soit une majoration de près de 40 %, grâce à l'obtention de préjudices accessoires que l'expropriant n'avait pas envisagé d'allouer.

C'est l'une des réalités méconnues du droit de l'expropriation : l'indemnité principale n'est que l'un des postes d'une indemnisation qui se veut intégrale, en vertu de l'article L. 321-1 du Code de l'expropriation. Elle doit couvrir l'ensemble du préjudice direct, matériel et certain subi par l'exproprié.

Plusieurs préjudices sont ainsi indemnisables à part entière, au-delà de la seule valeur du bien :

  • La perte de revenus locatifs consécutive à l'expropriation d'un bien loué
  • La perte d'éléments végétaux remarquables (oliviers anciens comme en l'espèce)
  • La dépréciation du bien conservé en cas d'expropriation partielle d'une unité foncière

Identifier ces préjudices, les quantifier et les défendre est précisément le rôle de l'avocat en droit de l'expropriation. L'offre initiale ne préjuge donc en rien de ce à quoi l'exproprié a réellement droit.